historique de l’enquête privée et du détective

Dans la mythologie grecque, HERMÈS (1) était considéré comme le Dieu des Voyageurs, des Marchands et des Voleurs…. Déjà à cette époque, certains achetaient sans payer et disparaissaient aussi rapidement qu’ils étaient arrivés…!

1. Les Romains, dont leurs propres divinités avaient souvent leur équivalent chez les Grecs, conclurent qu’il s’agissait du même Dieu, caché sous un nom différent, et adoptèrent les légendes Grecques déjà inventées à son sujet. C’est ce qu’on appelle le syncrétisme. C’est ainsi que les Romains connaissaient Hermès surtout comme Dieu des marchands : ils l’appelaient en effet Mercure, qui vient du mot «merx» = «marchandise». Ce nom de Mercure a donné notre « mercredi » = « jour de Mercure».

En 1825, un ancien Préfet de Police de PARIS devenu Conseiller d’Etat, Guy DELAVAU (1788-1874), fonda la première agence moderne de Police Privée.

François Eugène VIDOCQ (1775-1857), d’abord bagnard, puis agent secret sous les ordres de Etienne PASQUIER, Préfet de Police, et enfin « chef de la brigade particulière de Sûreté » de 1812 à 1832, remit sa démission au préfet GISQUET des fonctions officielles qu’il occupait et fonda à PARIS, au 12 rue de Cloche-Perce, son office dénommée  » BUREAU DES RENSEIGNEMENTS UNIVERSELS POUR LE COMMERCE ET L’INDUSTRIE », qui devint ensuite « L’INTERMEDIAIRE, BUREAU DE RENSEIGNEMENTS DANS L’INTERET DU COMMERCE ».

Tout en admettant que le bureau de VIDOCQ puisse faire office de prototype, c’est cependant à tort que VIDOCQ puisse être considéré comme le précurseur du domaine de la « police privée »…. En effet, dès 1819, on dénombre déjà à Paris près de 250 « agents d’affaires » proposant une gamme illimitée de services tels que le recouvrement des créances, l’étude des successions, l’exécution des testaments, les transactions immobilières, les surveillances, les renseignements, les recherches de toutes sortes, etc… etc….

Dominique Kalifa brossait, dans son excellent livre « Naissance de la police privée » le tableau suivant : « Se prétendant souvent anciens avocats ou hommes de loi, mais affichant des compétences illimitées, la plupart des « agents d’affaires » se montrent prêts à tout. Comme l’annoncent les associés Bérard et Goyneau en 1832, il s’agit bien d’agences universelles, qui traitent les affaires de toutes espèces…. Parmi une majorité de cabinets surtout versés dans le contentieux et les affaires commerciales, certains ont déjà spécifié une vocation plus privée.

Depuis 1807 par exemple, un dénommé Villiaume reçoit les personnes qui désirent […] obtenir quelque renseignement que ce soit. En 1824 est apparu Jean-Baptiste Robin, qui se fait fort de fournir, pour tout genre d’affaires, les indications et renseignements convenables pour la célérité et la sûreté des démarches. Plus explicite encore apparaît Chevalier de Beaufort, qui a fondé en 1832, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, une maison de vigilance proposant toute espèce de recherches, renseignements et informations d’affaires commerciales, de famille et particulières ; pour recherches d’individus absents ou dont la demeure est ignorée. Trois ans plus tard, installé dans la très suggestive rue du Chevalier-au-guet, il est devenu plus clair encore : toute espèce de recherches, surveillances, renseignements et informations »….

Au cours de son procès, le Président demanda à VIDOCQ : « Quel était le but de votre agence de renseignements ? » VIDOCQ lui répondit : « C’était d’indiquer au commerce ces escrocs qu’on appelle en termes vulgaires des faiseurs, des briseurs. Ce sont des gens qui achètent de toutes mains, à crédit, et qui revendent aussitôt à 50 pour 100 de perte, c’était de faire connaître les faiseurs haut placés ou se disant tels, qui ont des titres, des châteaux, des voitures, et qui volent ainsi leurs tailleurs, leurs bottiers, leurs fournisseurs ».

C’est en fait une amalgamation hétéroclite de services en tous genres qui alimentaient le quotidien de ces « agents d’affaires » et il n’échappera à personne que la nature originelle et prépondérante de ces « affaires » était plus prononcée dans les domaines spécifiques à la « police privée », au « recouvrement de créances » aux « renseignements commerciaux » ou aux « surveillances », qui sont les activités basiques des métiers dits « de la sécurité privée ».

Force est cependant de constater que ces métiers ont toujours joué un rôle primordial dans l’économie hexagonale en permettant notamment la conclusion de nombreux contrats et en évitant la perte de sommes considérables.

En 1850, Allan PINKERTON, immigré et tonnelier Irlandais, fonda à CHICAGO aux USA, une agence qui porte toujours son nom et qui compte plus de 70 succursales (dont une en Chine) et emploie aujourd’hui plus de 30.000 collaborateurs. Cette agence est considérée aux USA, au même titre que la WELLS FARGO, comme l’ancêtre du F.B.I.

En 1896, Jean-Marie GORON, illustre chef de la Sûreté Générale en France, créa à son tour un Cabinet Privé, le premier de ce genre à acquérir une véritable dimension européenne.

Au début du XX° Siècle, de multiples agences virent le jour en France, le plus souvent dirigées par des personnalités du monde judiciaire, les plus célèbres furent HARRIS et VILLIOD.

C’est en 1942 que la Loi N°891 du 28 Septembre, fixe une réglementation spécifique en FRANCE concernant la Profession de Directeur et de Gérant d’Agences Privées de Recherches, établie sous le Gouvernement de VICHY par Pierre LAVAL, Chef du Gouvernement, Ministre et Secrétaire d’Etat à l’Intérieur. Elle était antisémite, car interdisait l’accès de cette Profession aux Juifs, elle fut modifiée par le retour de la légalité Républicaine en 1945, appliquée par le Décret N°77-128 du 9 Février 1977 et finalement aménagée en 1980, puis abrogée en 2003 par la nouvelle Loi sur la sécurité intérieure dite « LOI SARKOZY » (Loi n° 2003-239 du 18 mars 2003, article 102, Titre II, sous-articles 20 à 33).

L’Agent de Recherche Privée, plus communément appelé « Détective Privé » du mot anglais Détective, qui veut dire « Enquêteur », et que l’on retrouve dans les pays anglo saxons pour désigner les officiers de police, est soumis aujourd’hui au régime de l’agrément professionnel délivré par l’Etat, sous condition d’obtenir une qualification professionnelle (précisée dans le Décret n° 2005-1123 du 6 septembre 2005) et ne pas avoir commis d’actes contraires à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs. Il peut enquêter même sans faire état de sa qualité, ni révéler l’objet de sa mission, il a pour but de recueillir pour le compte de personnes physiques ou morales, des informations, le plus souvent d’ordre confidentiel, à caractère public ou privé, ou de rechercher des éléments matériels de preuve ou de présomption en vue de la manifestation de la vérité.

Certains Détectives se sont ainsi spécialisés et exercent leur activité dans les domaines de la contre enquête pénale, de l’escroquerie à l’assurance, de la recherche de débiteur, du renseignement économique ou encore de l’enquête financière. Bien sûr il existe une garantie de légalité dans le recours à un Détective Privé, car celui-ci est soumis aux mêmes Lois que n’importe quel citoyen, notamment en ce qui concerne le secret professionnel, le témoignage, le respect de la vie privée et la loyauté de l’apport d’une preuve.

Il serait trop long d’expliciter ici le vaste domaine d’investigation du Détective, ce privilège étant réservé aux syndicats de la profession qui œuvrent depuis de nombreuses années à la reconnaissance d’une profession, qui est véritablement devenue un auxiliaire de justice dans les faits. Il est d’ailleurs édifiant de constater qu’elle n’existe pas dans la plupart des pays totalitaires, où les libertés individuelles ne sont pas respectées. Le Détective est en quelque sorte le recours contre l’arbitraire, celui qui défendra une cause, à charge ou à décharge, afin de faire valoir les droits du citoyen. En effet la Justice instruit à charge et rarement à décharge, les services officiels ne sont là que pour faire respecter la Loi et n’articulent pratiquement jamais dans le sens de la disculpation. Il est évident que tous les abus doivent être combattus, comme toutes les discriminations, et chaque citoyen de notre pays doit pouvoir se défendre en faisant appel à un enquêteur privé, d’où l’importance de celui-ci dans l’organisation de la société.

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